samedi 31 décembre 2011

La Prière - Solennité de Marie, Mère de Dieu

Joyeux Noël! Mais Noël est déjà passé vous dites? En effet, la Veille et le Jour de Noël sont passés, mais nous sommes toujours dans l'Octave de Noël, qui prend fin aujourd'hui en la Solennité de Marie, Mère de Dieu, Jour de l'An, Journée Mondiale de la Paix. Et nous sommes au coeur de la Saison de Noël, qui prend fin avec le Baptême du Seigneur, qui en 2012 tombe le lundi après l'Épiphanie, puisque Noël et le Jour de l'An ont tombé le Dimanche. De plus, à la Présentation du Seigneur, le 2 février nous rendons grâce à Dieu pour les 40 jours qui se seront écoulés depuis le grand et joyeux Jour de Noël et de la Nativité de Jésus.

Le mystère que nous contemplons, Dieu venu habiter parmi nous, Emmanuel, "Roi des Rois" tel que l'a brilliamment composé Haendel dans son Ouverture "Le Messie", dont la célèbre chorale "Alléluia", nous invite, nous attire, vers la prière, afin de "visiter" avec le Bon Dieu qui est toujours présent partout, Père, Fils - Jésus Christ et Seigneur, et Esprit Saint, qui pourtant se font souvent discrets pour nous permettre la liberté de faire notre propre chemin dans la vie et de librement choisir d'aller vers eux....

Dans nos désirs et efforts de prier, il est très important de ne pas nous laisser désoler par nos impressions émotives ou intellectuelles d'être inadéquats ou de n'avoir qu'un prière inadéquate; car en vérité nous ne sommes tous que pauvreté face au grand mystère et à la grande richesse d'amour qui est Dieu, que sont les trois Personnes divines: le Père éternel, son Fils unique le Verbe éternel qui prena chair en Jésus, et l'Esprit Saint....

Laissez-vous porter par eux et donnez-leur le don de votre présence attentive... peu importe les distractions, qui ne sont que les divers témoins de vos faiblesses, attentes, désirs, passions, péchés, craintes, et tout le bazar de la vie qui constituent la conscience humaine en voie de conversion et de croissance par la grâce de Dieu. Nous ne sommes pas notre propre oeuvre, mais l'oeuvre de Dieu. Laissons-Le donc faire....

Demeurons donc en union de prière en ces jours saints, peu importe les diverses façons et moyens de prière que nous nous donnons, donnant bien sûr priorité à la Liturgie de notre Église Épouse du Christ, et cette Solennité de Marie Mère de Dieu et chaque dimanche Jour du Seigneur de l'Année 2012, que je vous souhaite Bonne, Heureuse, Saine, et Sainte pour vous et vos proches, et oui, même pour vos "ennemis" tel que Jésus nous l'a commandé....

Abbé Gilles

dimanche 7 août 2011

L'Église - bouc émissaire québécois favori

Un jour un homme dans les 70 ans s'en donnait à coeur joie à démollir l'Église catholique pour avoir influencé, intimidé, ou il osait même dire extorqué moyennant le confessional la génération de ses parents d'avoir un nombre excessif d'enfants. Incapable de l'endurer plus longtemps je lui posa cette question: "Combien étiez-vous d'enfants dans votre famille?" "17 me fit-il" avec un air écoeuré. "Ah oui... et vous, vous étiez le quelleième parmi les 17?" "Je suis le neuvième."

Je lui répliquai "Alors, si je vous comprends bien, vous auriez souhaité que vos parents n'auraient eu que 2 enfants? Mais alors vous ne seriez pas conçu, encore moins né!" Il me fixa, bouche bée, ne sachant pas trop quoi dire.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, cher lecteur, mais pour ma part je suis fatigué et désolé d'entendre sans relâche cette rengaine à tour de bras que l'Église pendant des siècles aurait gardé la société occidentale dans l'ignorance et les québécois sous le joug de son autorité, les empêchant de progresser ou de vivre librement ou qu'elle se soit mal occupée de ses ouailles. De nos jours s'ajoutent les cas désolants et scandaleux de cas d'abus sexuels et autres.

Traitons d'abord la question de l'ignorance. Ceux qui de façon cavalière se mettent à écrire une nouvelle histoire de la civilisation occidentale pour en extirper la part considérable de l'Église choisissent d'ignorer les faits. Ce sont les rangs d'innombrables membres du clergé et de relgieux qui ont conservé les connaissances, les archives, les oeuvres d'art, et le métiers - entre autres - pour permettre à la société occidentale de survivre les diverses vagues d'invasions par des hordes de barbares pendant presqu'un millénnaire.

C'est l'attitude contemplative de chrétiens pratiquants qui mena des douzaines d'entre eux à devenir des scientifiques et à faire les découvertes à la base des sciences pures qui sont devenues notre patrimoine. Je suis désolé de la mémoire sélective qui s'acharne sur quelques autorités religieuses ignorantes de la science qui ont donné du fil à retordre à des gens comme Galilée. À tous les niveaux de la société la jalousie ou l'ignorance poussent les uns à malmener des autres. Il ne faut pas pour autant généraliser des jugements à l'institution elle-même.

Nous faisons preuve d'ignorance, ou de malhonnêteté, ou de préjugé à chaque fois que nous tentons d'effacer les traces de l'Église de notre histoire, que nous nous acharnons sur ses défauts et ceux qui les ont commis, ou que nous cherchons à mettre en marge ou même à éliminer la part que notre Église continue d'apporter aux gens de notre temps. On peut ne pas être d'accord avec l'Église, ou la Bible, ou la foi chrétienne avec sa morale; mais il ne faut pas pour autant chercher à priver l'Église de sa place au Québec ni chercher à marginaliser les chrétiens catholiques qui continuent de pratiquer leur foi et de chercher à la répandre.

Affirmons tout de suite qu'il est bon et nécessaire de rendre justice là où des gens sont ou ont été lésés dans leur personne, leur dignité, ou leurs droits. Cependant il faudrait employer - aussi bien dans nos moeurs quotidiennes que dans les médias de communication et artistiques - les mêmes poids et mesures pour tout le monde. Pourquoi s'en prendre sans relâche à l'Église, pourquoi s'acharner sur elle?

Au Québec on ne fait que commencer à assumer nos responsabilités touchant les erreurs médicales au réseau de la santé et des services sociaux. On n'est pas scandalisé que des professionnels de la santé ou des services sociaux fassent des erreurs qui blessent ou même tuent des gens, ou les marquent pour la vie.

On entend dire que dans les écoles au Québec il y a des enseignants qui imposent à leurs élèves ou étudiants des valeurs, des perspectives qu'on pourrait qualifier d'immorales ou du moins contraires aux valeurs de ces enfants et jeunes et de leurs parents. On va jusqu'à en effet encourager l'activité sexuelle d'enfants mineurs à l'insu de leurs parents sous le prétexte d'une confidentialité médicale ou psycho-sociale. On ne semble pas scandalisé pour autant.

Qu'il y a des prêtres ou religieux qui sont coupables d'avoir commis de graves erreurs est en effet scandaleux, mais ce fait est le résultat de la condition humaine. L'Église catholique n'est pas une institution qui serait exempte d'erreurs humaines. Tout professionnel des services médicaux ou sociaux peut souffrir une grande variété de défauts qui peuvent engendrer des erreurs professionnelles ou même des défauts de comportement qui causent par la suite aux usagers du système des préjugés, des dommages, ou des séquelles qui leur soient défavorables ou pire les marquent pour la vie ou conduisent même jusqu'à la mort.

Nous devons toujours chercher la perfection et nous efforcer de nous perfectionner, mais il reste que nous ne pouvons pas entièrement éviter ce facteur humain. Il est bon et juste pour une société de récompenser l'excellence et de décourager, même de punir la négligence. Au-delà de la négligence, une société doit être attentive aux défauts d'humanité que peuvent souffrir même des professionnels. On peut dire qu'un but de la vie humaine sur cette Terre est d'atteindre la perfection, mais s'il y a perfection nous la trouvons plus à la fin de la vie qu'au début ou même durant.

Mais pourquoi faire de l'Église un bouc émissaire et mettre à zéro la tolérance publique à ses erreurs professionnelles ou à ses défauts d'humanité? Je crois que la cause principale de cette nouvelle intolérance face à l'Église vient du fait d'un rejet de la morale en général et des valeurs morales chrétiennes en particulier. Il y a des instances publiques et privées et nombre de personalités publiques telles que des artistes qui ont comme déclaré leur indépendence de la morale, ou du moins de la morale chrétienne.

On voit alors l'Église comme une institution qui à leurs yeux est devenue archaique dans sa défense de la morale biblique. Il y a une certaine logique qui fait qu'on soit devenu intolérant de tout défaut dans les représentants de cette Église qui contradiraient par leur comportement cette même morale. Je suis entièrement d'accord qu'il faut sévir et prendre les mesures nécessaires pour empêcher de tels abus de continuer, punir les coupables, et mieux surveiller l'évaluation, la formation, et l'exercice des professions à l'avenir.

Ma thèse ici est qu'il faut prendre de telles mesures pour tous nos professionnels et que l'Église demeurent un chef de file parmi nos institutions sociales les plus bénéfiques. Il faut se rappeler qu'avant qu'on puisse bénéficier des développements dans les sciences humaines des dernières décennies, ce sont les professionnels de l'Église qui on fondé la majorité de nos institutions sociales: écoles, hôpitaux, et hospices pour les personnes âgées, les orphelins, les handicappés, et autres gens hypothéqués dans leur habilité de vivre indépendemment.

Notre société a bénéficié d'un quantité innombrable et d'une qualité insoupçonnée de services qui ont favorisé la croissance de notre population, la préservation et le développement de notre langue (avant que le gouvernement s'en occupe), le développement de l'éducation, et la défense de la vie et des plus vulnérables. Comme j'ai tenté de le faire avec l'homme âgé qui s'en prenait à l'Église pour avoir poussé la génération de ses parents à avoir beaucoup d'enfants, je repose ma question: "Où serions-nous si les chefs de l'Église n'avaient pas su encourager la population à croitre?

Nous serions devenus minoritaires, nous aurions pu perdre notre langue et notre culture comme l'ont fait nos ancêtres qui se sont expatriés aux États-Unis et sont devenus anglophones américains ayant abandonné et leur langue et leur culture. Les dangers étant grand, l'Église a employé les grands moyens: les gens avaient le devoir de se marier et de populer afin de permettre au Québec catholique français de garder et d'affermir sa place dans le monde.

Si lors de la révolution tranquile notre société est devenue adulte et a pris en main sa propre responsabilité pour sa vie et sa destinée, cette même société demeure en quelque sorte adolescente dans son inhabilité de faire une lecture juste de son histoire ou d'apprécier à sa juste mesure la contribution de l'Église au Québec par le passé et encore aujourd'hui.

Il est vrai que nous qui sommes vivants aujourd'hui jouissons d'un énorme patrimoine des sciences humaines - entre autres - dont les progrès depuis plusieurs décennies nous ont permis une meilleur compréhension de la croissance de la personne humaine avec une appréciation accrue pour les obstacles à cette même croissance. On ne peut pas haut la main faire une relecture du comportement de nos ancêtres et les traiter d'imbéciles ou de criminels parce qu'ils ont jugé et agi du mieux de leur capacités et de leur connaissance à leur époque.

C'est pourtant ce qui se passe de nos jours dans le tribunal d'opinion publique, opinion stimulée d'emblée par les déclarations de gens influents dans la vie publique, en politique, dans les arts, et dans le monde des médias. Notre discours publique favorise de façon désordonnée les droits, et quand tous poursuivent chacun ses droits, nous ne pouvons éviter les conflits de droits sans faire place égale aux responsabilités que doivent porter par le fait même tous les citoyens de la société.

Pourtant, si l'on déteste tellement l'Église c'est bien à cause de sa promotion des responsabilités à titre égal des droits de la personne. C'est justement l'harmonie des droits et des responsabilités qui font paraître la pleine dignité de la personne humaine. Pour prendre un exemple notoire, l'avortement, on peut avoir le droit de favoriser la santé et la vie de la mère, sans pour autant nier ces mêmes droits à l'enfant à naître, dont la défense et la promotion deviennent la responsabilité de la génération des parents auxquels il incombe d'accueillir l'enfant à naître.

Je crois sincèrement qu'au Québec nous ne pourrons pas prendre pleinement notre place dans le monde tant que nous saurons pas apprécier toute la complexité de notre propre histoire d'une part, et d'autre part, reconnaître le rôle important que cette même Église, fondée par le Christ, continue de rendre au service de la population.