lundi 5 février 2007

Nos enfants, nos familles, nos marriages, notre société, nos églises... c'est le bordel tout autour...

Depuis des décennies augmentent autour de nous et en nous-mêmes la plainte que nos vies sont de plus en plus troublées, mais ce matin j'ai aperçu une indication que ce n'est pas notre imagination mais une triste et tragique réalité. On voit maintenant un enfant de 4 ans qui tente le suicide, et depuis des années apparemment les professionnels de la santé ont vu augmenter chez des enfants de plus en plus jeunes des troubles psychologiques. (Si le lien ne fonctionne pas essayer celui-ci.)

Quand nous rencontrons une personne en détresse, il est tout à fait naturel de vouloir lui venir en aide dans la mesure de notre possible. Il en est donc de même avec ce qui suit, puisqu'il s'agit d'un mal de société, pour le moment je ne vois pas de meilleur façon d'offrir l'aide qu'il m'a été donné de pouvoir offrir. Ma profession en tant que prêtre et pasteur en est une de privilège, à mon avis, car depuis mon séminaire jusqu'à ce jour il m'a été offert des opportunités sans nombre de formations diverses, d'expériences uniques comme professionnel de la foi en notre société, et d'observations intimes des mouvements intérieurs dans les esprits et les vies de centaines de personnes.

Cette réflexion risque de troubler le lecteur et la lectrice, mais dites-vous bien qu'il ne s'agit pas du tout de se culpabiliser, mais au contraire de pouvoir apprécier ce que nous avons fait de bien et voir ce que nous pouvons améliorer et aider les autres à ce faire. D'abord il nous sera utile de mieux comprendre qu'est-ce qui se passe au-dedans de nous en tant que personnes humaines dès notre plus jeune age et aussi comment notre développement est lié intimement avec les personnes autour de nous, notre environnement, et la réalité au-delà de l'immédiat que nous pourrions appeler notre "origine" et notre "destinée".

J'ai reçu un langage pour pouvoir comprendre et exprimer ce qu'il m'a été donné d'observer lors de mon ministère, de ma formation, et de ma vie toute entière lors d'une formation pour prêtres et autres personnes responsables dans l'Église qui nous a été offerte par Dr. Jeannine Guindon et son équipe à l'IFHIM - l'Institut de Formation Humaine Intégrale de Montréal de 1985 à 1990 à l'Institut même. De plus, le directeur du Mercy Center du Colorado, un centre de formation aux États-Unis, dont les méthodes et les fondements proviennent d'une autre approche mais sont complémentaires à celles de l'Institut, est venu à deux reprises donner des sessions de formation à nos prêtres anglophones, et cela n'a fait que confirmer ce que j'avais déjà reçu. J'ai pu vérifier la vérité de ce qu'on nous y apprenait en utilisant pour moi-même les instruments qui nous furent offerts et en les partageant avec les autres. Toute personne peut se voir aidée ne serait-ce que par une meilleur compréhension de ce qui est à l'oeuvre en nous.

Apparemment, toutes les observations de gens ordinaires - et de ceux qui sont en santé et de ceux qui ne le sont pas - nous conduit de façon empirique à conclure que le meilleur modèle pour une croissance optimale des enfants, des filles aussi bien que des garçons, est celui d'une famille dirigée par deux parents: une mère et un père qui sont fortement liés par un lien d'amour stable et fidèle. Celà devient évident par la seule constatation de la vulnérabilité des enfants en jeune age jusqu'à l'age où ils deviennent adultes tout à fait indépendent et capable de se prendre en main. Désormais, ils continuent d'apprécier leurs parents en tant que mentors.

La façon la plus pratique d'aborder ce sujet serait peut-être de traiter du processus de notre développement humain selon les étapes le long desquelles ce développement se déroule. Il y en a six de ces étapes, après lesquelles c'est tout le long de notre vie adulte que nous continuons de vivre, d'exploiter, et de développer ce qui a été commencé en nous lors de notre jeunesse. Ces étapes de notre développement primordial ou fondamental a été observé, étudié, et illustré par le moyen de théories et de modèles de développement qui furent par la suite vérifiés, modifiés, et améliorés par d'innombrables expériences et études scientifiques aux mains de quantité de chercheurs, cliniciens, et praticiens des diverses branches de médecine, de psychiatrie, des autres sciences humaines, et même de la théologie.

Une vie humaine se développe d'abord "in utero" lors des environ neuf mois de grossesse, puis intervient la naissance, qui est pour le bébé une démarcation très nette de ce qu'avait été la vie jusque là. Dès la naissance on nous dit qu'il y a six étapes de développement qui en principe devraient voir s'établir les paramètres ou structures fondamentales de la personne humaine, suite auxquelles la personne entre en vie adulte, un processus qui continue jusqu'à mort s'en suive, pour ainsi dire.

Tout le développement qui a pu se faire de la naissance à l'age adulte, qui débute à environ 18 ans, est appelé à se continuer, à se développer, et à s'approfondir. Tout ce qui n'a pu se faire lors de cette jeunesse se fait ressentir en quelque sorte comme un handicap, mais on peut néanmoins deprendre le terrain perdu avec de l'aide. Voilà pourquoi les amitiés avec des gens sains, les relations avec d'autres parents - qui ont peut-être des qualités, des aptitudes, et de l'expérience autres que ses propres parents - des professeurs, des mentors, des intervenants de la santé, et des pasteurs peuvent être si bénéfiques.

On nous dit également que les observations et études démontrent qu'il y a de nouveaux défis pour la personne adulte à relever à chaque nouvelle décennie (30, 40, etc.) et qu'il est devenu possible de cerner quels en sont les enjeux et comment ont peut relever ces défis et approfondir son humanité pour connaître un sens à donner à sa vie qui est toujours plus signifiant et qu'on choisit avec davantage de liberté.

.... à suivre....

samedi 3 février 2007

Holà! Quoi de neuf?

Bonjour à vous et à tous.... Voilà que nous sommes 17 jours depuis ma dernière réflexion... Que de choses se sont passées depuis.... Une personne que j'aime bien relève un nouveau défi de la santé, avec courage, mais c'est difficile... et mes parents continue de vieillir, je dois le dire avec plaisir, et étonnement, et beaucoup de reconnaissance, avec beaucoup de grâce.... Je les admire et peut-être encore plus que dans ma jeunesse, Maman et Papa m'inspirent.

Je fais également la connaissance de beaucoup de gens lors de mon ministère à l'hôpital, et toutes ces personnes me font voir d'innombrables façons d'être humain, avec une variété incessante de scénarios aux niveaux de la santé, de la famille, des amitiés, du travail, de l'appréciation de la vie, des questionnements que la maladie suscite, des relations avec le Père, avec Jésus, et avec le Saint-Esprit pour les chrétiens ou le Créateur pour les autres, et de la vie intérieure.

C'est remarquable de voir combien transparent beaucoup de gens deviennent lorsqu'elles sont dans un lit d'hôpital, et c'est pour moi un grand privilège de partager - même pour quelques instants seulement - leur espace privé et cette intimité d'âme d'où elles partagent un aperçu de ce qui leur arrive et l'état d'âme dans lequel elles se trouvent. Au cours de ces expériences, je me rends compte avec de plus en plus de clarté de mon impuissance personnelle de faire quoi que ce soit pour ces gens. Je ne suis qu'un autre être humain trop souvent au dépourvu face à toutes les vicissitudes humaines que je rencontre et avec lesquelles ces gens sont aux prises.

Cela devient pour moi de plus en plus claire que je ne suis pas seul lorsque je me rends auprès de ces malades et opérés, de ces vieillards ou accidentés. Les gens perçoivent, avec plus ou moins de clarté, qu'il y a un Autre que Se fait sentir et en quelque sorte percevoir à l'occasion de cette petite visite. Je suis alors comme un visiteur dans un pays lointain qui en devenant plus familier se rend de plus en plus à l'aise dans ses relations avec les gens qu'il rencontre. Je prie beaucoup avec les gens et encore plus au dedans de moi, entretenant un dialogue presque continu avec les trois Personnes de la Sainte Trinité. De temps à autres Elles me font voir la puissance d'amour avec laquelle Elles touchent ces âmes, ces intellects, ces coeurs, et même ces corps....

Quelle merveilleuse vocation que de servir le Peuple de Dieu comme prêtre de Jésus Christ! Loué soit-Il avec son Père et l'Esprit Saint, qui donne la vie, maintenant et pour toujours! Vous qui êtes notre seul et unique Dieu, qu'il vous plaise de Vous glorifier en nous, afin que tous en viennent à Vous connaître et goûter que Vous êtes bon, et reviennent puiser en Vous la vie éternelle qui est déjà commencée à l'intérieur de ces âmes qui sont bonnes et qui désirent tout ce qui est juste, bon, vrai, et beau....

l'abbé Gilles

mercredi 17 janvier 2007

Je suis prêtre - alors pourquoi toute cette activité internet? Qui se donnera la peine de lire ou d'écouter?

En effet, voilà une question pertinente et fascinante. Pourquoi un prêtre, qui a tant de choses à faire et de gens à voir, devrait-il se donner la peine d'investir son temps, son énergie, dans un tel journal "blogue" ou meme un site web ou un autre blog en anglais? Cette question adroite me fit poser par un ami très proche aujourd'hui, et je lui exprime toute ma reconnaissance, car sa question - toute remplie de sollicitude pour mon bien-être - m'a renvoyé dans les abîmes les plus profonds de mon âme, là où nous trouvons le sens et le but de notre existence.

Comme la Dr. Jeannine Guindon aimait tant le répéter, comme partie intégrale du programme de formation dont elle fut la pionnière dans les années 1950 et 1970, il s'agit du sens et du but qu'on veut donner à son existence qui fait de nous les personnes que nous devenons. Alors que la question de mon ami pénétrait au plus profond de mon âme, je me rappela la profondeur de la gratitude dont je jouis depuis déjà plusieurs mois.... à vrai dire, depuis ma période sabbatique à Chicago....

Je suis reconnaissant pour la grande grâce d'avoir été choisi et aimé par la Très Sainte Trinité depuis mon enfance.... Je me souviens toujours de mon initiation chrétienne: mon premier Pardon, ma Confirmation, et ma première Sainte Communion.... il y avait vraiment quelqu'un qui était là.... de fait, Ils étaient Trois! Pendant des décennies de ma jeunesse jusqu'à la maturité il y avait des conflits intérieurs et une confusion tout à fait pénible. Ce ne fut que lorsqu'un bon vieux prêtre qui aimait les jeunes gens partagea avec nous la grande grâce du silence, de la réflexion, et de la prière, que j'eus une véritable opportunité - pour la première fois de mes 27 ans - à prendre une rétrospective de mon "histoire sainte" avec Dieu.

Eh bien, une fois le barrage ouvert, il n'était plus question d'arrêter ce fleuve intérieur - je ne pouvais pas satisfaire mon nouvel appetit pour le silence, les retraites, et la prière, et l'aventure de connaître toujours mieux les trois Personnes Divines, et leur façon d'être présent, de parler à mon âme et de me diriger au plus profond de ma pensée, de mon coeur, et de mon âme....

Ensuite ce fut un autre grand combat et un appel merveilleux: celui de suivre Jésus et de le servir comme prêtre.... Après 23 ans et plus, je suis rempli et débordant de reconnaissance pour ce privilège de voir Jésus parler, guérir, illuminer, enseigner, avertir, faire des reproches, prévenir, instruire, former, diriger, et nourrir à travers moi, et ce n'est que le commencement....
Ça continue! La vérité est pour moi toute limpide que notre Dieu est si grand pour accomplir de telles bénédictions et de donner l'abondance de vie aux gens de façon si merveilleuse en se servant de la pauvreté et la faiblesse que je suis!

Les bienfaits sont innombrables et se produisent constamment chez mes parents qui, malgré - non peut-être même à cause de - leur faiblesse croissante et leur maladie progressante, se voient vieillir dans l'automne et l'hiver de leurs vies et de façon si gracieuse pour autant.... Ma soeur et moi ne sommes que tous les deux, et cela a été et demeure toujours un fardeau, et pourtant, nous nous trouvons changés, purifiés, aggrandis et bénis aussi bien que nos parents par l'opportunité et le défi de nous occuper avec amour de nos parents vieillissants....

Cette transition que je suis en train de vivre de Becket à S. Luc et à l'Hôpital Lakeshore a été et continue d'être tout à fait exaltante et épuisante, mais j'ai la profonde impression que tout est bien et pour la gloire de Dieu. En fait, voilà pourquoi je me donne la peine de ce blogue que je viens tout juste de commencer et que je poursuit l'autre en anglais que j'ai commencé à l'instar de l'abbé Tom Dowd au printemps 2004 avant d'aller en période sabbatique.

En plus, juste cette semaine et la semaine dernière j'ai enfin pu activer mon site web. Mon intention dans tout cela est tout simplement de mettre au grand jour tous les dons que le Seigneur semble prendre plaisir à verser pour vous son peuple en se servant de moi, tel que je suis. Alors nous affichons les homélies sur le site web afin que vous pouviez les entendre de nouveau, et nous affichons ici des réflexions occasionnelles.

Chères soeurs et chers frères dans le Christ, et vous autres invités, soyez les bienvenus et sentez-vous tout à fait libre de partager ce site avec vos proches et vos amis, vos confrères étudiants, et vos collègues de travail. Notre Créateur et Dieu fait à l'heure actuelle quelque chose de merveilleux dans les pensées, les coeurs, et les vies des gens de notre temps, malgré tous les ténèbres et toute la violence que les médias ne cesse de nous regurgiter comme une dose quotidienne de poison à des condamnés.

Il est à peu près temps que nous nous donnions une diète autre que ce poison. Nous savons bien que le mal est là dehors, tout autour de nous, et oui, même au-dedans de nous, mais voilà pourquoi c'est une si grande Bonne Nouvelle que Dieu nous a envoyé un Sauveur en Jésus Christ!

Jésus qui nous est donné par le Père est justement l'antidote au poison déversé sur le monde en vomissure de dragon par le père du mensonge et chef des rebèles, l'ancien serpent.... Jésus est Seigneur et a écrasé le serpent, défait le dragon, lui ravissant son amas de trésor. Il nous a fait ses enfants afin que nous puissions jouïr de la liberté des enfants de Dieu. Gloire à Dieu notre Père en son Fils unique, notre Seigneur Jésus Christ, victorieux du péché, de la souffrance, et de la mort, et en le Saint-Esprit, Seigneur qui donne la vie! maintenant et à jamais dans les siècles des siècles. Amen!

l'abbé Gilles

Pourquoi n'importe qui ne peut pas communier dans l'Église catholique romaine?

Cette question est devenue soudainement pertinente récemment quand j'ai entendu une remarque que des musulmans prennent la Sainte Communion dans notre et peut-être dans nos églises, se disant qu'ils reconnaissent Jésus; alors, pourquoi pas?

Cela soulève une question plus fondamentale: c'est quoi au juste la Sainte Communion? Allons tout de suite voir ce que Jésus a fait et ce qu'Il avait de toute évidence l'intention de faire. Étant donné que les Juifs fêtent depuis toujours la Pâque en famille, il est raisonnable de penser qu'il y eût avec Jésus et ses apôtres à la dernière cêne au moins quelques disciples, hommes et femmes, et peut-être même des familles des apôtres, pour aider à préparer et à servir le repas. Néanmoins il est aussi possible et même probable que Jésus ait célébré cette Pâque très spéciale dans la seule intimité de ses 12 apôtres. C'est du moins ce que les évangiles nous laissent voir.

La signifiance de ce dont nous témoignent les évangiles c'est l'intention manifeste de Jésus de faire quelque chose de tout à fait inusité: il transforma la Pâque juive pour en faire un rituel très personnel se liant ses apôtres et par la suite tout ses disciples à Lui, et par le fait même, il posa une main d'autorité sur les Douze pour les désigner et déléguer pour célébrer ce rituel à sa place à l'avenir, indiquant clairement qu'Il ne serait pas avec eux pour beaucoup plus longtemps.

La Lettre aux Hébreux fut incluse par l'Église primitive dans le Nouveau Testament en même temps que tous les soi-disant évangiles gnostiques furent rejetés, puisqu'ils furent tous composés longtemps après les apôtres. Cette Lettre au Hébreux explique clairement le sens de ce rituel qu'on appela Eucharistie que Jésus légua à sa nouvelle Église et communauté de foi de ses disciples. Voici le moyen que Jésus se donna et nous donna pour réaliser entre autres cette parole conservée pour nous par Matthieu: "Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du temps." Mt 28:20

L'Eucharistie est donc le moyen privilégié choisi pas Jésus, qui s'est montré Sauveur et Seigneur par son crucifiement, sa passion, sa mort, sa résurrection d'entre les morts, et son ascension dans le ciel, d'où Il reviendra dans la gloire le jour voulu par le Père pour rassembler les nations devant Lui et juger toute l'humanité (voir Mt 25:31-46); pour unir ses disciples à Lui, pour les nourrir de la vie divine qu'Il a avec le Père et l'Esprit Saint depuis toute l'éternité (Jn 1:1ss; 6:48ss; 14:1ss), les équiper pour la mission de répandre la Bonne Nouvelle, et les sauvegarder du levain empoisonné du prince de ce monde.

Jésus donna toute autorité à ses disciples et à leurs successeurs de continuer sa mission et de faire croître son oeuvre dans le monde et de gérer les biens spirituels qu'Il leur confia. Voilà pourquoi l'Église en chaque génération depuis les apôtres s'est prononcée au besoin pour rendre aux gens de chaque génération une interprétation juste de la volonté de Dieu manifestée en son Fils et notre Seigneur Jésus, le Christ, le Messie et unique Sauveur de toute l'humanité.

Pour en venir rapidement au cas présent, qui peut communier, il suffit pour l'instant de répéter l'enseignement de l'Église (voir Le Catéchisme de l'Église Catholique, Partie 2, Section 2, Article 3, nos. 1322 à 1419). On y voit très clairement déclaré que "L'Eucharistie est proprement le sacrement de ceux qui sont en pleine communion avec l'Église." (no. 1395) Cela veut dire que ceux qui s'avancent à l'autel pour recevoir le Corps et le Sang du Christ doivent être de véritable membres de son Corps qui est l'Église.

Ils doivent vivre comme ses disciples et doivent être attentifs aux besoins des pauvres et généreux à leur égard, car ils sont bénéficiaires eux-mêmes de la miséricorde de Dieu. Ils doivent être dociles à la mouvance de l'Esprit Saint, respectueux envers leurs pasteurs, charitables envers leurs voisins, dévoués envers leurs frères et soeurs disciples, et soumettre leur propre volonté à la volonté de Dieu, entre autres façons, en recevant l'enseignement de l'Église comme l'enseignement même du Christ.

Il y a un lien direct entre la réalité que nous vivons et ce que nous faisons et célébrons dans ce que nous appelons l'assemblée - le mot même que Jésus utilisa quand Il donna le nom de Pierre à son apôtre Simon - en sorte qu'il n'est pas du tout approprié de recevoir la Sainte Communion de façon cavalière sans tenir compte de cette réalité. De quelle réalité s'agit-il? Il s'agit de la mienne, de celle de l'Église, du Christ, et du monde.

Toute personne qui veut recevoir le Corps et le Sang de Jésus doit être baptisé dans l'Église Catholique Romaine et être en pleine communion avec cette Église, donc avec son enseignement et avec ses moeurs et sa morale. Elle doit être également confirmée, afin d'être justement en pleine communion et pleinement initiés aux mystères du Christ. Dès qu'on commet un péché grave, tels ceux dont nous avertissent les 10 commandements, nos liens avec Dieu sont rompus et aussi nos liens avec le Corps du Christ qu'est son Église, avec nos proches, et même avec la création autour de nous. Une fois dans cet état mortel, c'est la vie de Dieu en nous qui se trouve atteinte de façon mortelle, en sorte que nous avons perdu nos sensibilités à ce qui est juste et bon et ce qui plaît à Dieu.

Qu'on s'en rende compte ou non, qu'on le ressente ou non, si j'ose recevoir la Sainte Communion dans un tel état, je me moque de Jésus, de son enseignement, de sa présence dans l'Église, du soutient qu'Il donne tous les jours à ses pasteurs, de sa passion et de sa mort pour moi et pour tous les pécheurs. Il a déclaré que nous sommes tous pécheurs, et Il a accepté de mourir pour nous et à notre place; afin que nous nous repentions de nos choix mauvais et de notre préférence pour les ténèbres. Si je prétends ne pas avoir de péché je me moque de Dieu, et si je déclare ne jamais avoir fait de péché, je traite Dieu de menteur. Ce sont des paroles directes et fortes qui nous viennent de l'apôtre Jean, celui que Jésus aimait. (1Jn 1:8-10)

Donc, toute personne baptisée et confirmé en état de grâce devant Dieu et en pleine communion avec l'Église Catholique Romaine peut recevoir la Sainte Communion. Alors, cette communion lui obtient le pardon de Dieu pour les menus péchés, les petits défauts d'amour. Quand cette personne commet un péché grave, elle doit d'abord se confesser et obtenir l'absolution avant de revenir à la Table du Seigneur. Entre temps, elle dois toujours venir à la Sainte Messe afin de participer aux prières. Le Seigneur veut notre présence et notre participation à tel point qu'Il en a fait un commandement (le 3e) et Jésus nous a donné son propre exemple d'un homme de foi qui allait chaque jour du Seigneur à la synagogue et chaque grand fête au Temple. L'auteur de l'Épitre aux Hébreux nous met en demeure de ne pas négliger l'assemblée comme le certaines personnes le font. (He 10:25)

Les chrétiens membres des églises orthodoxes peuvent en ce qui concerne notre Église recevoir la Sainte Communion; cependant, dans plusieurs cas leurs propres pasteurs le leur défendent. Tout chrétien des églises de la réforme ne peuvent pas recevoir chez nous la Sainte Communion car ils refusent en tant qu'églises l'autorité pastorale de notre chef pasteur, l'évêque de Rome. Ce serait une moquerie de Jésus que de refuser de reconnaître son vicaire sur terre pour alors s'avancer à son autel. Ceux qui s'avancent pour prendre la Sainte Communion le font en général avec sincérité, mais sans se rendre compte de l'inconséquence de leur geste. Il s'agit de cet attitude mondain qui se considère indépendent de toute attache ou appartenance ou obligation.

À plus forte raison n'est-il jamais question qu'une personne non-chrétienne ose s'avancer pour prendre la Sainte Communion. Même fait dans la sincérité, un tel geste représente le comble de l'ignorance et du manque de respect pour les autres et pour leurs façons de faire. Quel chrétien oserait par exemple se faire passer pour juif et s'infiltrer dans une synagogue ou se faire passer pour musulman pour s'inflitrer dans une mosqué? Une personne, aussi sincère soit-elle, qui se comporte ainsi agit en espion et manque de conscience. Il est de notre devoir, pour l'honneur du saint Nom de Jésus, pour la gloire de Dieu, pour le progrès de l'Évangile, pour l'édification de l'Église, et pour le salut des âmes de faire tout dans notre pouvoir pour mettre de telles personnes en demeure de la réalité de notre foi et des exigences du respect le plus fondamental.

Il va sans dire que toute personne humaine est bienvenue dans notre assemblée dominical, surtout quand il s'agit des membres de la famille d'un de nos membres. De tels gens sont nos invités, et ils peuvent prier avec nous à leur façon, mais ils ne peuvent jamais recevoir la Sainte Communion. Ils pourraient s'avancer dans la ligne de communion, et les bras croisés demander une bénédiction. Néanmoins, ils doivent réaliser que déjà un tel geste représente une approche vers Jésus, un pas en notre direction et un pas les éloignant de leur propre foi actuelle. Avec le temps, s'ils le désirent, ils peuvent demander d'être acceptés comme catéchumènes pour entrer en formation en vue d'éventuellement être initiés aux mystères chrétiens. C'est une des choses que nous faisons à tous les ans à la veillée paschale.

Je n'ai pas entendu les paroles de son Éminence Monsieur le Cardinal Marc Ouellet, mais selon ce qu'on m'en a fait part, je suis de son avis qu'il est grand temps que nous, chrétiens catholiques romains du Québec ayons un minimum de dignité, de fièrté, de respect et de responsabilité pour notre foi et que nous rendions témoignage au Seigneur Jésus et à son oeuvre qui se poursuit en nos jours dans son Église sous la mouvance de l'Esprit Saint y compris dans nos pasteurs à tous les niveaux. Comme toutes personne humaine et religieuses de par le monde entier, nous aussi avons nos façons de faire, et on s'attend à ce que toute autre personne nous respecte et ne tourne pas en moquerie ce que nous chérissons!

Cette réflexion nous rappelle le don que le Seigneur nous fait et l'opportunié qu'il représente qu'il nous est donné un temps de nous préparer pour le Congrès Eucharistique International qui se tiendra à Québec l'été 2008. Un temps de grâce pour redécouvrir le grand mystère qu'est l'Eucharistie et d'en approfondir notre propre expérience et appréciation; afin que le Seigneur nous rapproche de Lui, chacun et chacune et nous tous ensemble!

l'abbé Gilles

vendredi 12 janvier 2007

Prions ensemble maintenant - le Seigneur le veut!

Le saviez-vous que nous avons une chapelle interconfessionnelle à l'Hôpital Général du Lakeshore depuis l'an dernier en 2006? Dans les bancs de 20 à 30 personnes peuvent prendre place et il y a un autel. Derrière il y a un espace désigner pour la prière sans souliers conçue tout spécialement pour les musulmans or pour toute personne désirant prier sans souliers.

La semaine prochaine dans le monde entier les chrétiens commenceront à participer à la Semaine annuelle de Prière pour l'Unité Chrétienne, tandis qu'au Canada et dans d'autres pays les chrétiens participeront à cette semaine incluant les deux fins de semaine avant et après le 25 janvier, la fête de la Conversion de S. Paul. Les Services de la Pastorale de l'Hôpital Général du Lakeshore viennent tout juste d'envoyer aujourd'hui une invitation à des douzaines de chefs religieux de l'Ouest de l'Île et même au-delà d'offrir un service de prière et louange au courant d'une des journées entre les 18 et 25 janvier inclusivement. Des conseils des églises de par le monde entier ont préparé les matériaux pour la prière et la louange qui vont rassembler des chrétiens de toutes les confessions durant toute la semaine. Les non-chrétiens sont les bienvenus à ces services; car il va de leur intérêt que les chrétiens deviennent davantage unis, améliorant la paix entre les personnes et les nations.

Nous avons également invité les chefs religieux d'offrir un service de prière et louange lors d'une des journées de la semaine avant la Journée Mondiale des Malades le 11 février, durant leur choix d'une des journées entre le 3 et le 11 février. Le but de cette journée - et nous avons pensé qu'une semaine permettrait à davantage de gens à participer et toute la population de l'hôpital en serait bénéficiaire - est donc d'affirmir et d'élever la dignité de ceux qui sont malades, de valoriser les personnes qui s'occupent d'eux, et d'encourager leur famille et leurs amis. Lisez le message du Pape Benoît XVI (une autre version) à l'occasion de cette 15e Journée Mondiale des Malades.

Naturellement, les gens de toute confession et de valeurs spirituelles sont les bienvenus à participer à ces manifestations de solidarité, de soutient, et de prière. À mesure que des chefs religieux répondent à cette invitation et offrent à conduire un service de prière et louange au cours d'une journée particulière et à une heure fixe, nous préparerons un calendrier et le publierons le plus tôt possible. Vous le trouverez ici dès qu'il sera prêt ce calendrier.

Avec le temps, nous espérons mieux préparer de tels événements et de telles semaines, mais étant donné que l'abbé Michael Tauro et moi sommes tous les deux à temps partiel, alors nous préférons disposer de presque tout notre temps pour visiter les malades. Exceptionnellement, je vient tout juste de travailler pendant deux jours pour établir un groupe d'adresses courriel des chefs religieux et leur envoyer cette invitation. Si vous allez investiguer ce lien vous verez comment des aumôniers à temps plein depuis un certain temps ont préparé des ressources merveilleuses (d'autres ressources) pour améliorer nos soins auprès des malades et de ceux qui s'en occupent.

Sentez-vous libre d'informer les autres concernant ces événements et de faire plein usage de ce journal internet, ce blog.


"He even makes the deaf to hear and the mute to speak" (Mark 7: 31-37) is the theme of the 2007 Week of Prayer for Christian Unity. An annual event, the Week of Prayer is a significant time during which churches around the world express their longing for and commitment to Christian unity. You will find ce texte-ci and d'autres textes at the World Council of Churches site web.

If it's been a while since you gathered with Christians of other denominations to pray, chat, share or collaborate on a common project, why not talk it up with friends and consider coming together to participate in a little prayer and worship service during one or both of these two weeks, for the benefit of the patients and their families at the hospital, as well as the medical and support staff and administration, not to mention all those who come in for ambulatory care.

Prayer for others is a powerful instrument for good because it is motivated by love and taps into the very heart of the Blessed Trinity, source of all life and being. Contact your pastor and ask whether they intend to participate or even offer to lead a prayer and worship service and maybe you can offer to help or assist them.

Whatever you are able and choose to do, may the blessing of Almighty God fill you and rest upon you and your families, Father, + Son, and Holy Spirit, now and always and forever and ever.

mardi 9 janvier 2007

Les personnes agées - comment mieux les servir et mieux actualiser l'apostolat des laics?

Je suis heureux d'être prêtre à Montréal et d'oeuvrer avec les fidèles laics et confrères prêtres dans la vigne du Seigneur. Tous les jours il y a de nouveaux défis à relever et de nouvelles opportunités pour laisser se déverser la charité pastorale dont la source est la Sainte Trinité

Une question brûlante d'actualité est le nombre décroissant de prêtres et inversement le nombre croissant de résidences - publiques et privés - pour personnes agées. Lorsque j'étais curé dans la paroisse précédente notre équipe pastorale à Becket ne pouvait pas offrir de liturgie dans toutes les résidences qu'il y a toujours sur le territoire, mais il y a beaucoup de bénévoles qui encore aujourd'hui visitent et qui apportent la Sainte Communion.

Bien sur j'aime les gens et je me sens mal de ne pouvoir faire suite aux demandes qu'on me fait régulièrement d'aller célébrer des Messes, soit dans une résidences pour personnes agées, soit dans une famille, soit pour une noce dans une autre paroisse. Je n'aime pas devoir répondre à de telles demandes avant ou après les Messes dans l'église, surtout le dimanche, parce que c'est un temps pour être présent aux gens, et pas pour planifier des affaires.

Après les messes le dimanche surtout mais même sur semaine, quand j'essai de me rappeler ce qui s'est passé dans ces conversations avec les gens, qui m'a dit quoi, ou qu'est-ce que je devais me rappeler à faire, presque toujours j'ai déjà oublié et impossible de me le rappeler. Voilà pourquoi j'essai de dire à tous ceux qui veulent des choses de prière me rappeler sur semaine afin que j'ai l'esprit libre et clair pour donner une réponse juste et éclairée, et pour que je puisse prendre pleine conscience de ce que je fais et prendre note de ce que j'aurai à faire par la suite.

Voilà pourquoi je préfère ne jamais "transiger" des affaires à l'Église, car tout mon être est orienté à une présence au Seigneur et aux fidèles rassemblés pour la seule fin de la liturgie et la prière. On est présent aux gens comme berger pour noter les gens qui par exemple seraient en besoin d'onction des malades ou de réconcilation ou de conseils, etc. Je suis très vulnérable lorsqu'on m'approche en église avec des demandes pour des services ou qui exigent un suivi ou me rappeller de quoi que ce soit.

Nos effectifs diminuent de façon dramatique et rapide ici dans l'Église de Montréal et un peu partout dans l'occident. Dans une proportion inverse, le nombre de résidences, manoirs, et centres d'hébergement pour les personnes agées se multiplient et le fera encore jusqu'à l'épuisement de la génération "baby-boomers". En 2006 j'ai cru comprendre que le Cardinal aimerait que toutes les paroisses puissent pouvoir avoir à la main un inventaire de résidences, et l'archidiocèse pour sa part veut exercer davantage de supervision de ceux qui offrent ou prétendent offrir des services pastoraux, en sorte qu'ils et elles exercent cet apostolat avec le support et la supervision des curés pour les résidences sur leur territoire.

Depuis que j'ai commencé un ministère à temps partiel comme aumonier à l'Hôpital Lakeshore, j'ai commencé à tenter d'utiliser les ressources du CSSS de l'Ouest-de-l'Île pour pouvoir dresser un inventaire des résidences dans notre milieu. Je me demande si cela intéresserait quelques membres de la paroisse ici à S. Luc ou ailleurs dans l'Ouest de l'Île afin de participer à ce projet.
De plus, il y a la question de la multiplication des Messes hors du contexte d'une vue d'ensemble de la gestion de nos ressources, à savoir nos prêtres, et d'une bonne discussion autour de la question qui chercherait à établir quelle serait la meilleure façon de répondre aux besoins des personnes agées pour la Sainte Communion en sorte qu'on mobiliserait davantage les laics afin de ne pas les priver d'occasions de répondre à l'appel du Seigneur à participer dans l'apostolat essential à tout chrétien.

Il y a aussi la question d'un local digne d'une telle célébration liturgique. J'ai vécu des situations terribles, comme au Manoir Pierrefonds ou il fallait faire cela dans une grande salle à l'entrée avec tout le bruit de la porte et du téléphone de la réceptioniste. Il est grand temps qu'on se donne une approche raisonnée auprès de ces résidences et de leurs directeurs pour mieux gérer la qualité de nos services et prendre meilleur soin de nos ainés.

J'apprécie la personne qui m'a donné cet opportunité d'enfin exprimer quelques-uns des sentiments et les pensées que je porte en moi depuis des années mais qui n'ont pas jusqu'ici trouver la lumière du jour. En tant que prêtre dans la situation qui est la nôtre dans l'Église de Montréal, je me sens coincé entre la pression intérieure de la charité pastorale qui veut se dépenser pour les gens d'une part, et la pression extérieure qui vient de la situation toujours changeante de nos effectifs et des demandes d'autre part. Il faut faire quelque chose et ça presse, parce que cela deviendra beaucoup pire et rapidement. Je prie que le Seigneur nous éclairera bientôt.

Avec tout le respect que j'ai pour les membres de notre belle Église de Montréal et ce que les fidèles font pour la gloire de Dieu et le bien-être de ces gens qui en raison de leur âge ou d'autres conditions de vie se trouvent plus vulnérable et incapable de se joindre à l'assemblée dominicale, je fais à tous mes souhaits pour une Joyeuse Saison de Noel - jusqu'au 2 février, la Présentation du Seigneur - et une Bonne, Heureuse, et Sainte Année. Que vous et vos familles vous trouviez bénis dans la paix et l'amour de Dieu maintenant et toujours et connaître la joie du Paradis à la fin de vos jours!!!

l'abbé Gilles

lundi 8 janvier 2007

C'est Dieu qui nous cherche!

Jésus est la lumière du monde et en ces jours Il s'est manifesté aux nations... la plus grande Épiphanie de Dieu de toute l'histoire! La majorité de l'humanité croient en Dieu ou encore en un ou en plusieurs "dieux", mais nous chrétiens sommes les seules à croire que le Créateur de l'univers est venu sur terre pour vivre pleinement une vie humaine.

Jésus est né d'une vierge, Marie, fiancée mais pas encore mariée à Joseph, entouré de signes du ciel qu'Il n'est pas juste une autre personne humaine. Prophéties, témoignages, et signes visible dans la nature convergent pour indiquer que cet Enfant est de Dieu, Il est Dieu. Ce n'est que plus tard, d'abord à 12 ans puis au début de la trentaine, que Jésus prend la parole et révèle qu'Il est le Fils de Dieu, qui est son Père depuis toujours, et qu'Il allait envoyer - de concert avec son Père - une troisième Personne divine, le Saint-Esprit, pour diviniser toute personne humaine voulant bien accueillir ce grand don. Jésus a inauguré la transformation et la rédemption de toute l'humanité, en commençant par son propre peuple Israel, puis ensuite allant à toutes les nations.

L'Esprit Saint de Dieu est toujours à l'oeuvre en toute personne de bonne volonté, et c'est Jésus de Nazareth, le Ressuscité d'entre les morts, le Seigneur de l'univers, le Sauveur de l'humanité, qui le fait connaître et avec le Père et Créateur de nous tous nous le donne! Heureuse fête de l'Épiphanie!

l'abbé Gilles